
Pour juillet, en partage, ce témoignage rare, d’une chrétienne russe :
« Je souhaitais depuis longtemps écrire une lettre ouverte à mes frères et sœurs en Christ. D’une part, je pense que les catholiques du monde entier doivent savoir ce que vivent leurs coreligionnaires en Russie et, d’autre part, ne pouvant parler ouvertement dans mon pays et même dans ma paroisse, je ressens un besoin profond et irrésistible d’exprimer enfin tout ce que j’ai porté en moi pendant toutes les années de la guerre. Cette lettre ouverte est une initiative personnelle. Je suis contrainte de rester anonyme pour ma propre sécurité et pour celle des autres catholiques de Russie, qui ne doivent en aucun cas être compromis par mes propos.
Dans ma paroisse, de nombreux paroissiens soutiennent activement la guerre. Dans les premiers mois, après les images des immeubles détruits à Kiev, après l’horrible massacre de Boutcha, je n’ai pas trouvé la force de leur dire bonjour ou de leur donner la paix du Christ à la messe. Je ne les déteste pas, mais j’ai du mal à les voir comme des frères et sœurs dans le Christ. Ce merveilleux sentiment d’unité et de proximité qui m’enveloppait lors des messes de Noël ou de Pâques dans ma jeunesse a disparu et je ne sais si je le retrouverai un jour. Franchement, j’ai peur de ces gens, je me tiens à l’écart et j’évite les conversations qui pourraient leur faire connaître mes opinions sur la guerre et la politique. Je ne peux prétendre qu’ils me dénonceront, mais je veux éviter les situations potentiellement dangereuses. (…)
La grande et amère leçon des catastrophes du XXe siècle semble n’avoir rien appris à l’humanité. L’Holocauste et les camps de la mort ne nous ont pas “vaccinés” contre de nouveaux crimes. Nous, les hommes du XXIe siècle, devons encore et toujours choisir entre le bien et le mal. Au plus profond de nos cœurs, nous devons nous rappeler sans cesse pourquoi nous sommes chrétiens et ce à quoi nous sommes appelés. Être une lumière pour le monde, des témoins de l’amour et du pardon, et non de la guerre et de la haine.
Cette lettre peut sembler trop émotive et chaotique, mais croyez-moi, vous avez devant vous le cri de mon âme, l’appel de votre sœur en Christ, qui demande vos prières et qui est prête à prier pour vous. Pour notre Église, afin que les portes de l’enfer ne prévalent pas contre elle en ce temps, comme elles n’ont pas prévalu contre elle dans les temps passés. » Lettre d’une dissidente catholique russe en sursis : « Tout ce qui nous reste, c’est notre vie intérieure ».
Recueilli par Malo Tresca, publié le 17 avril 2026 sur La Croix.com

« Seigneur de la Vie, toi qui as façonné chaque être humain à ton image et ressemblance, nous croyons que tu nous as créés pour la communion, non pour la guerre, pour la fraternité, non pour la destruction.
Désarme nos cœurs de la haine, du ressentiment et de l’indifférence, afin que nous devenions des instruments de réconciliation.
Que chaque parole bienveillante, chaque geste de réconciliation et chaque choix de dialogue soient les semences d’un monde nouveau. Amen. »
Extraits de la prière du pape Léon XIV

