Pour la Semaine Sainte, le père Ladis nous propose un texte de Chemin de Croix preparé par un collègue de Paris, le père Stanislas Wawro scj, sur la base de la pensée du fondateur de la congrégation des Pères du Sacré-Coeur, le p. Léon Dehon.
Vivre la semaine sainte à la maison…
(Communication de la paroisse de Saint Martin)
Nous venons d’apprendre que nous ne pourrons pas célébrer la semaine sainte en paroisse. Nous sommes désarçonnés devant cette situation de confinement. Rejoignons dans nos pensées et notre prière toutes ces personnes qui malades ou très âgées ne peuvent de toute façon pas rejoindre nos églises.
La semaine sainte est le sommet de toute l’année liturgique. On y passe par la désolation et la tristesse, et puis la plus grande joie : celle de la résurrection du Christ. Voici quelques propositions pour la vivre à la maison.
Nous pouvons bien sûr suivre la messe à la TV sur France 2 à 11h le dimanche (dimanche des rameaux à 10h30, la suite des horaires sera donnée à la fin de la messe) et des offices toute la semaine sur KTO. Avec les enfants voyez le site www.theobule.org.

– Pour le dimanche des Rameaux : il n’y aura pas de buis béni dans les églises mais pourquoi ne pas cueillir une branche de buis dans votre jardin ou d’un autre arbuste vert et prendre un petit temps de célébration. Vous disposez la branche sur une belle nappe blanche, dans le lieu le plus fréquenté par tous ainsi qu’une croix, une bible ouverte et une bougie. Tout le monde se réunit là, et on lit l’évangile Mt 21, 1-11, on dit une prière de bénédiction, on prend un temps de silence. Puis on partage la branche et tous ensemble, on va porter chaque brin dans chaque chambre. Là, on passe le brin de buis derrière la croix ou l’icône, et l’on fait cette petite prière : « Que ce rameau vert soit pour N (celui ou celle qui habite dans la chambre) le signe de ta présence vivifiante ». A la fin, on revient auprès de la nappe, avec la branche de buis principale. Là chacun peut faire un baiser à la croix du Christ. Et puis, on peut dire le Notre Père.
– Pour le jeudi saint : C’est le dernier repas de Jésus, là où Jésus a donné le pain et le vin comme son corps et son sang, et a lavé les pieds des disciples. Lors du repas du soir, on peut à table, garder une place vide : une chaise vide et devant, non pas des couverts, mais sur un petit set de table ou un napperon, une bougie qui symbolise la présence de Jésus. On peut commencer le repas par cette prière : « Jésus, toi qui nous as tant aimé, nous voulons te faire une place dans notre maison et dans notre cœur. Viens chez nous, aide-nous à t’ouvrir tout grand la porte, reste avec nous. Apporte-nous ta paix, ta douceur, et ta joie ».
A la fin du repas, on peut dire le Notre Père.
– Pour le vendredi saint : On peut se retrouver quelques minutes autour de la croix (là où il y a aussi le buis, la Bible et une bougie). Faire un petit chemin de croix à l’intérieur de la maison ou dans le jardin en se rappelant les différentes étapes que Jésus a vécues depuis sa condamnation par Pilate jusqu’à sa mise au tombeau et en priant pour tous les gens qui souffrent de par le monde. Pour terminer chacun peut faire un geste pour vénérer la croix (lui faire un baiser par exemple). Et puis, on peut dire le Notre Père, en se tenant la main.
– Pour le samedi Saint (ou un autre jour de la semaine) : On peut vivre un moment de pardon et de réconciliation en famille et avec le Seigneur. On peut relire la parabole de l’enfant prodigue (Lc 15), partager autour ce texte puis se demander pardon les uns aux autres, s’embrasser et dire le Notre Père en se donnant la main.
– Pour la nuit de Pâques : Lors de la veillée pascale, nous fêtons la résurrection du Christ. Quand la nuit est tombée, allumer des bougies (si on les retrouve, les cierges de baptême des enfants). Entourer la croix, la Bible disposées sur la nappe, avec la branche de buis. Vous éteignez toutes les autres lumières de la maison. Prendre un petit temps de silence. Vous priez : « Seigneur vient dans nos ténèbres, éclaire toutes nos nuits, viens nous redire que tu es ressuscité ». Et puis, très vite, vous allumez toutes les lumières de la maison si possible toutes ensemble. Et vous chantez votre joie. Par exemple « Alléluia alléluia Jésus est vivant, alléluia alléluia Jésus est vivant ! » (ou autre chose que vous connaissez).
– Pour le jour de Pâques : Remplacer la croix et le buis dans le coin prière par une icône du Christ ressuscité (on peut trouver des images sur internet) et un bouquet de fleurs jaunes. Avant de faire la chasse aux œufs, lire l’évangile du matin de Pâques Mt 28, 1-10. Se saluer en se disant : « Le Christ est ressuscité ! » « Oui, il est vraiment ressuscité ! ». Ecouter l’alleluia de Hayndel ou chanter ensemble un chant de joie…
Laisser jaillir votre créativité et celle de vos enfants ! Et si vous êtes seuls, imaginez aussi une manière à vous de célébrer en union avec tous les chrétiens du monde !
Bonne semaine sainte et joyeuse Pâques ! Que notre espérance reste vive malgré les mesures de confinement qui nous sont imposées.
Karine Burnotte
5 avril 2020 – Dimanche des Rameaux et de la passion

Hosanna !
« Sauve-moi ! » ou « sauve-nous !», tel est le premier sens du mot Hosanna, le cri que le pauvre adressait au roi qui pouvait le sauver et lui faire justice. C’est aussi ce cri que le peuple lance vers Dieu dans sa marche vers le temple : « Donne, Seigneur, donne le salut. » (Ps 117, 25). (…)
Le messie qui entre dans la ville est un messie humble : il est assis sur un ânon, incomparable avec les montures romaines. (…) Ceux qui l’entourent à l’entrée dans la ville de Dieu, ce sont les foules, les petits et les pauvres, qui le reconnaissent et l’acclament. (…)
Grands prêtres et scribes veulent faire taire les foules. Mais Jésus s’y oppose. Et Luc a même ici un mot terrible et fort : « Maître, disent-ils, arrête tes disciples !» Mais il leur répond : « Je vous le dis : s’ils se taisent, les pierres crieront » (Luc 19, 39).
Celui qui « vient au nom du Seigneur », comme le crient les foules dans la liesse, si proches du cœur de Jésus, va être refusé par la ville (…)
C’est désormais le front du refus. Jésus aura maille à partir avec les grands prêtres et les scribes. La confrontation sera forte, l’évangile le dit en plusieurs chapitres très vifs, qui s’achèveront par la croix… Et le troisième jour, la résurrection, le signe le plus fort de Dieu.
Extraits de l’article de P. Jacques Nieuviarts, assomptionniste, bibliste. Source : www.croire.la-croix.com
C’est le dimanche des rameaux qui nous donne les clefs pour comprendre la passion et nous prépare à Pâques. Mais pourquoi des rameaux ?

Ce rameau de verdure que nous emportons habituellement en nos maisons symbolise notre attachement à Jésus, à sa vie, sa mort, son corps, son pain, sa parole. Il est signe de notre foi en la résurrection, espérance de voir le bois mort refleurir, revivre.
Si durant ce carême, nous avons été appelés à relever nos petites morts, nos faiblesses, nos manquements, nos dénis, ce n’est pas pour le plaisir de se mortifier mais pour se retourner vers Dieu, pour faire place en notre cœur à ce Dieu qui nous aime au-delà de ce que l’on peut imaginer. Alors, aujourd’hui, suivons le Christ qui entre à Jérusalem et nous emmène jusqu’à la croix. Sûrs de son amour, dans la foi et l’espérance, unissons-nous à celui qui nous conduit à la joie de Pâques.
Texte : Père Ladis
En ces temps de confinement, ayons une pensée, une prière pour tous ceux qui se dévouent pour les autres et soyons solidaires.
Nous portons aussi dans notre coeur les enfants qui devaient recevoir l’eucharistie le jour de Pâques, leurs familles, les catéchistes et équipes liturgiques.

Voir aussi le bulletin paroissial d’avril : prière du pape François
Retrouvez sur Youtube la chanson « semaine sainte » d’Etienne Tarneaud: cliquez ici
29 mars 2020 – 5e dimanche du Carême A

Jésus est la résurrection et la vie.
Par lui, nous sommes promis à une vie en abondance qui commence dès le moment où nous accueillons en nous son Esprit. Lui seul garde le pouvoir de nous sortir aujourd’hui du tombeau de nos péchés et, demain, du gouffre de la mort.
On peut dire qu’Il vient ouvrir nos tombeaux et nous en faire sortir. Il vient nous tirer de notre sommeil. Il vient nous redonner vie…
Oui, la soif et l’eau vive… les ténèbres et la lumière… la mort et la vie… Voilà les enjeux du baptême. Voilà où nous conduit ce carême. Nous suivons un homme qui nous demande de croire l’incroyable. Un homme qui ose proclamer : « moi, je suis la résurrection et la vie ».
Cette parole, Jésus ne cesse de la dire à chacune et chacun de nous. Prenons-le au mot, et croyons en lui avec la force de l’Esprit.
Quand je te vois pleurer ton ami,
je sais que tu es vraiment
un homme comme nous.
Mais avec une parole
tu deviens soudain
celui qui possède la puissance divine :
« Lazare, viens dehors ! »
Tu dépasses même immensément
cette victoire provisoire sur la pourriture.
« Marthe, je suis la Résurrection !
Est-ce que tu le crois, Marthe ? »
Je le crois.
Même si personne ne peut m’expliquer
ce que sera cette résurrection,
je crois que derrière toi nous allons entrer
dans une vie éternelle de ressuscité.
Et déjà nous pouvons essayer cette vie
en triomphant de toute mort
par des actes d’amour.

Textes : Père Ladis
Photos : Marie-Claire/Kizoa
22 mars 2020 – 4e dimanche du Carême A

Continuons notre marche vers Pâques…
Il nous arrive quelque fois de ne pas très bien savoir où nous allons, ou bien de rester sur le bord du chemin, ne sachant pas comment avancer. Oui, croire au Christ, c’est s’engager dans un parcours exigeant, mais qui conduit à la demeure de Dieu.
La lumière est venue dans le monde. La lumière de Dieu, qui est celle de l’amour, celle de la fraternité, celle de l’Evangile. La lumière est venue dans le monde et son nom est « Jésus-Christ ». Si notre route nous semble obscure, si nous nous débattons dans les ténèbres du doute, du péché, d’une souffrance sans espérance, n’ayons pas peur. Allons avec une immense confiance vers celui qui nous guérit et qui veut illuminer les yeux de notre cœur. Sa grâce, lumière de pardon et de miséricorde est là, tout près de nous…
Quelque part, chacun de nous est né aveugle ou boiteux ou lépreux…
Chacun porte en lui la marque d’un monde imparfait,
Un monde pas encore terminé qui attend la joie de Dieu.
Seigneur, fais que cette faille en moi
Devienne une belle ouverture
pour l’amour.
Aide-moi à ne pas fuir ni vouloir cacher
Ce qui est pour toi
une porte.
Une porte pour venir chez moi.
Viens habiter, Seigneur, de ta douce présence
Ce qui en moi reste infirme.

Textes : Père Ladis
Photos : Sylvianne/Kizoa
15 mars 2020 – 3e dimanche du Carême A
Sur la route vers Pâques, prenons le temps de nous arrêter pour rencontrer Jésus.
Il nous offre l’eau qui comble nos soifs les plus profondes et apporte la vie en nous et autour de nous.
Voici notre troisième halte qui nous amène au puits de la rencontre avec la Samaritaine, où nous sommes attendus… Le chemin est encore long et aujourd’hui, Jésus se présente à nous en proie à la fatigue, à la faim, à la soif.
Solidaire de nos souffrances et de nos attentes, il nous introduit dans le mystère du salut. (…) Pour lui, il n’y a pas d’exclu. Il vient révéler la Bonne Nouvelle à tous et il compte sur nous pour la transmettre.
Texte Père Ladis

Contexte
L’épisode de la rencontre de Jésus avec la Samaritaine et les Samaritains s’étend sur 42 versets et se déroule en trois moments : Jésus et la Samaritaine (v. 1-26), Jésus et les disciples (v. 27-38), Jésus et les Samaritains (v. 39-42).
L’importance donnée par saint Jean à ces rencontres dit l’intérêt cédé aux Samaritains qui devaient constituer un groupe conséquent de sa communauté. Par comparaison, Matthieu (10,5) recommande d’éviter les villages de Samaritains et Luc (10,29-37 ; 17,11-19) n’accorde qu’une place limitée à cette population païenne. Le lecteur a l’impression que Jean insiste sur la réussite de la prédication de Jésus en Samarie pour contredire l’échec de celles auprès des Juifs (purification du Temps, malcroyance de la foule, réticences des pharisiens, rencontre improductive avec Nicodème).
Le dialogue de Jésus avec la Samaritaine, sur lequel nous nous arrêtons ici, est surtout un exemple de la pédagogie du Christ qui accompagne son interlocuteur sur le chemin de l’intériorité. Le texte se divise ainsi : introduction (v.1-6), puis dialogue avec la Samaritaine (v. 7-26) qui se déroule en trois temps : demande et don (v. 7-10) ; la source intérieure (11-15) et les cinq maris (v. 16-19) ; la révélation et le culte véritable (v. 20-26).
Source : Croire.la-croix.com
Ce 3ème dimanche est le dimanche de l’eau, le dimanche où la Parole, vraie grâce du Carême, est répandue dans nos cœurs par l’Esprit Saint.
En effet, comme souvenir de notre baptême, l’Eglise choisit de nous faire méditer la belle rencontre de Jésus avec la Samaritaine : au bord du puits de Jacob, Jésus se révèle comme étant la « source jaillissante pour la vie éternelle ».
Mieux que l’eau jaillie du rocher pour apaiser la colère du peuple, Jésus donne à boire une eau qui nous abreuve. Eau du baptême qui nous sauve. Eau de la vie.

Nous nous entêtons
Texte : Père Ladis
à mettre la religion sur la montagne.
C’est bien commode.
D’un côté, la vie.
Et de l’autre côté, Dieu dans les nuages.
Toi, ta plus haute leçon de religion,
tu la donnes vraiment en pleine vie !
Tu es fatigué, tu as soif,
une femme vient pour la corvée d’eau.
Et tout de suite tu improvises une leçon de catéchisme.
Dès qu’elle veut théoriser en t’appelant « Seigneur »,
tu la ramènes à sa vie.
« Va chercher ton mari ».
C’est dans sa vie et par sa vie
que tu veux lui parler de Dieu.
O Jésus : quand arriverai-je à comprendre ?
Tu es dans la vie, pas dans les nuages.
Photos : site Croire.la croix.com, Sylvianne
8 mars 2020 – 2e dimanche du Carême A
Le carême est un chemin vers la lumière de Pâques. Avec des étapes ou, comme on dit dans le chemin de la croix, des stations.
Dimanche dernier, station des tentations : Jésus renvoie Satan les mains vides.
Aujourd’hui, c’est la station de la lumière : Jésus transfiguré. Notre chemin, comme celui des disciples, est éclairé par Jésus. C’est vers lui, vers le Transfiguré, que nous tournons maintenant notre regard et nos cœurs pour qu’Il les illumine de son pardon.
Mystère du visage qui nous révèle et souvent nous trahit. À un moment décisif de la vie de Jésus, le sien a resplendi de la lumière divine.

Jésus transfiguré.
Textes : Père Ladis
Pas pour avoir le plaisir de nous dire :
« Regardez : je suis beau
comme vous ne le serez jamais! «
Mais pour nous transmettre sa joie :
« Regardez ce que l’amour fera de vous
Voyez ce que votre Père vous prépare! «
Derrière la fragilité de nos corps, derrière les jours trop lourds à porter, nous savons maintenant que la Lumière du Christ a commencé de nous revêtir.

“Il y avait un homme qui ne passait jamais devant l’église sans y entrer. Le matin quand il allait au travail, le soir quand il en revenait, il laissait à la porte sa pelle et sa pioche et il restait longtemps en adoration devant le Saint Sacrement.
J’aimais bien ça.
Je lui ai demandé une fois ce qu’il disait à Notre seigneur pendant ses longues visites qu’il lui faisait. Savez-vous ce qu’il m’a répondu ?
– Monsieur le Curé, je ne lui dis rien. Je l’avise et il m’avise. Je le regarde, il me regarde …”
Texte : J. M. Vianney, curé d’Ars