St Paul

En ce mois d’octobre, nous suivrons Jean de la Croix, guide et témoin de l’« heureuse aventure » des âmes en quête de Dieu.
2026 est une année de centenaires pour saint Jean de la Croix. Il a été canonisé en 1726, il y a trois cents ans, et déclaré docteur de l’Église en août 1926, il y a tout juste un siècle. Une bonne occasion de plonger dans les poèmes et dans la spiritualité de ce grand saint du siècle d’or espagnol. (…)
Immense poète et grand mystique du XVIe siècle, Jean de la Croix trace dans sa poésie et dans ses traités de vie spirituelle un chemin de libération de tout ce qui barre la route de l’accès à Dieu. Petite invitation à lire et à relire celui que Thérèse de Lisieux appelait ‘ le chantre de l’amour’.
Issu d’une famille qui a connu la misère, placé dans un orphelinat, mais éduqué par les jésuites, Jean entra à 21 ans chez les carmes. Il aura la chance d’être envoyé à Salamanque, dans une université en plein bouillonnement intellectuel.
En attendant, jeune adolescent, il travailla à l’hôpital de Medina del Campo comme infirmier et quêteur de dons. « Il est difficile aujourd’hui de comprendre le rapport à la souffrance physique ou psychique des gens du XVIe siècle qui ne disposaient pas des mêmes médicaments qu’aujourd’hui. Il faut toujours éviter la souffrance quand c’est possible. Mais quand c’est impossible, Jean de la Croix nous montre que l’on peut y dessiner une voie lumineuse, ce qu’il a lui-même vécu. »
A Tolède, dans la nuit du 15 au 16 août 1578, Jean de la Croix, âgé de 36 ans, s’évada du cachot sordide où le détenaient depuis plus de huit mois les carmes « chaussés » qui refusent la réforme de leur ordre, entreprise avec Thérèse d’Avila. Dans ces mois de détresse, il a composé quelques-uns de ses plus beaux poèmes.
Pour beaucoup, croyants ou non, Jean de la Croix est l’un des plus grands poètes de la littérature espagnole. Il est aussi l’un des plus grands spirituels de son époque. Il a vécu dans son cachot une expérience d’union à Dieu indicible autrement que par la poésie, même s’il a dû écrire quatre traités de vie spirituelle pour s’en expliquer. Dans la première strophe du Cantique spirituel, en grande partie rédigée pendant sa détention, il écrit : « Où t’es-tu caché, Bien-Aimé ? / Tu m’as abandonnée dans les gémissements/Comme le cerf tu as fui/m’ayant blessée/Je sortis à ta poursuite en criant, et tu étais parti ». C’est le cri d’une âme, celle du poète, « passionnée, qui brûle d’amour pour Dieu », explique le père Marie-Joseph Huguenin, théologien, spécialiste de saint Jean de la Croix. (…)
Jean de la Croix avait une forte conscience d’un Dieu infiniment plus grand que tout ce que l’on peut en dire ou même imaginer. De certains poèmes et traités, il a donné plusieurs versions, conscient de la multiplicité possible de l’expression de réalités difficiles à traduire dans le langage humain. Thérèse de Lisieux l’appelait « le chantre de l’amour », et à la fin de sa courte vie, outre la Bible, elle ne lisait plus que Jean de la Croix. Aujourd’hui encore, son œuvre est un trésor de beauté et d’intelligence pour les croyants. ( …)
« Le message de Jean de la Croix est très positif, d’une audace décoiffante pour le XVIe siècle, assure Jean-Alexandre de Garidel, prieur des carmes de Paris, qui anime de nombreuses sessions et retraites sur Jean de la Croix. Nous sommes appelés à vivre la sainteté dès aujourd’hui, et nous en sommes tous capables. Simplement, le chemin pour y parvenir passe par une transformation intérieure. » C’est ce chemin que Jean de la Croix appelle « la nuit », un processus marqué par une purification des « puissances de l’âme » en lesquelles s’effectue la relation à Dieu : la volonté, l’intelligence et la mémoire.
Purifier sa volonté, c’est purifier son désir, pour l’attacher au seul désir qui soit à la hauteur de la dignité et de la valeur humaine. « Renonce à tes désirs, et tu trouveras ce que ton cœur désire », écrit Jean.
Purifier sa volonté, c’est purifier son désir, pour l’attacher au seul désir qui soit à la hauteur de la dignité et de la valeur humaine. « Renonce à tes désirs, et tu trouveras ce que ton cœur désire », écrit Jean
Purifier son intelligence, c’est admettre que Dieu est au-delà de toute compréhension et de tout savoir humains : « Je ne sus où j’entrai/et je demeurai sans savoir, / au-delà de toute science ». C’est accueillir la lumière divine de l’Esprit Saint dans l’intelligence réceptive.
Purifier sa mémoire, c’est la vider de tout ce qui n’est pas ordonné à Dieu.
Ce travail de purification fait intervenir les trois « vertus théologales » : la foi, l’espérance et l’amour. Il s’agit d’accueillir l’amour dans la volonté, l’espérance dans la mémoire, la foi dans l’intelligence.
Sur son chemin très intérieur, la confrontation à la souffrance humaine lui a laissé le souci du monde. Pour Jean de la Croix, il n’y a qu’une façon de vérifier que l’on est sur la bonne voie spirituelle, c’est la qualité de ce que l’on fait, dans l’amour bien sûr, dans la charité, dans l’attention aux autres, et la paix du cœur.
Extraits de l’article de Christel Jucquois, la-croix.com, 3 septembre 2026

Vive Flamme d’Amour
Ô Flamme d’amour vive
Qui tendrement blesse
Mon âme au plus profond centre !
Puisque maintenant n’es plus tourment
Achève maintenant si tu veux,
Déchire la toile de cette douce rencontre !
Ô cautère suave !
Ô caressante plaie !
Ô main agréable ! ô touche délicate
Qui de vie éternelle a saveur
Et toute dette paye !
En tuant, mort en vie changeas.
O lampes de feu
Dans lesquels éclats
Les profondes cavernes du sens,
Qui étaient obscures et aveugles,
Avec d’étranges habiletés
Chaleur et lumière ensemble donnent à son ami !
Combien paisible et amoureux
T’éveilles-tu en mon sein
Où secrètement seul tu demeures,
Et en ton souffle savoureux
De bien et de gloire remplis,
Combien délicatement tu rends amoureux !
Dites-lui que je languis, je peine, et je meurs.
Jean de la Croix
Beaucoup de grandes figures du carmel ont développé un talent pour la poésie et l’écriture en général. Les poèmes de sainte Thérèse d’Avila et ceux de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus sont particulièrement célèbres. La petite Thérèse s’est beaucoup inspirée de son père spirituel Jean de la Croix pour écrire ses poésies. Les poèmes de sainte Thérèse Bénédicte de la Croix (mieux connue sous son nom d’Edith Stein) sont très profonds et portent à la méditation.
La poésie de Jean de la Croix sur le site français de l’Ordre du Carmel
Les petites vidéos infos rencontres
30 août – Fête à Barnich
20 septembre – Messe de rentrée de l’Unité pastorale d’Arlon : Temps forts messe de rentrée pastorale UPNDA et l’homélie très inspirante du Doyen Pascal Roger axée sur ‘’l’appel’’.
25 septembre-28 septembre – Visite en France du pape Léon XIV, enthousiasmant…

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28 septembre, Eléonore Feller de notre unité pastorale des Eaux-Vives était présente à Metz lors de cette visite du pape Léon ; retrouvez son témoignage sur Activités Boguifra :
« Que le Seigneur te précède, te garde et te fasse sentir aujourd’hui que Sa grâce est encore sur ta vie »
Pape Léon XIV























