Fratelli tutti, la nouvelle encyclique du pape François

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« (…) On peut comprendre que la lassitude se soit installée, voire même qu’un sentiment de colère puisse nous envahir. Tous, nous sommes impactés par les ‘’gestes barrières’’ et par les mesures de ‘’distanciation sociale ‘’ (terme épouvantable !). Ne plus pouvoir serrer des mains ou embrasser, devoir limiter nos rencontres, y compris familiales, porter presqu’en permanence le masque, tout cela met à mal notre vie sociale. Et c’est encore plus dur pour les personnes âgées ou seules. Dernièrement, à la télévision, une jeune étudiante a eu cette réaction : ‘’c’est dur. Nous les jeunes, on a besoin de s’amuser, de voir des amis…’’ D’accord. Et les moins jeunes ? Ils n’ont pas les mêmes envies ? Cela démontre à quel point parfois, il existe un écart entre les réalités de chacun ; ce qui peut impacter la solidarité intergénérationnelle.

Comment pallier cela ? La Providence fait bien les choses. Au moment où le découragement nous surprend, paraît l’encyclique Fratelli Tutti du pape François. Le pape se penche sur la pandémie estimant qu’elle ‘’change le monde et nous met en crise’’. Il ajoute : ‘’La façon dont nous nous en sortons dépend des décisions que nous prenons pendant la crise’’. ‘’

Extrait de l’édito de Jean-Jacques Duré dans le journal Dimanche du 18 octobre 2020 ;  J.J. Duré, décédé inopinément le 6 novembre dernier.

Voici l’appel de « Fratelli tutti » du pape François

« Au nom de Dieu qui a créé tous les êtres humains égaux en droits, en devoirs et en dignité, et les a appelés à coexister comme des frères entre eux, pour peupler la terre et y répandre les valeurs du bien, de la charité et de la paix.

Au nom de l’âme humaine innocente que Dieu a interdit de tuer, affirmant que quiconque tue une personne est comme s’il avait tué toute l’humanité et que quiconque en sauve une est comme s’il avait sauvé l’humanité entière.

Au nom des pauvres, des personnes dans la misère, dans le besoin et des exclus que Dieu a commandé de secourir comme un devoir demandé à tous les hommes et, d’une manière particulière, à tout homme fortuné et aisé.

Au nom des orphelins, des veuves, des réfugiés et des exilés de leurs foyers et de leurs pays ; de toutes les victimes des guerres, des persécutions et des injustices ; des faibles, de ceux qui vivent dans la peur, des prisonniers de guerre et des torturés en toute partie du monde, sans aucune distinction.

Au nom des peuples qui ont perdu la sécurité, la paix et la coexistence commune, devenant victimes des destructions, des ruines et des guerres.

Au nom de la ‘’fraternité humaine’’ qui embrasse tous les hommes, les unit et les rend égaux.
Au nom de cette fraternité déchirée par les politiques d’intégrisme et de division, et par les systèmes de profit effréné et par les tendances idéologiques haineuses, qui manipulent les actions et les destins des hommes.

Au nom de la liberté, que Dieu a donnée à tous les êtres humains, les créant libres et les distinguant par elle.

Au nom de la justice et de la miséricorde, fondements de la prospérité et pivots de la foi.

Au nom de toutes les personnes de bonne volonté, présentes dans toutes les régions de la terre.

Au nom de Dieu et de tout ce que nous venons de dire, nous déclarons adopter:

la culture du dialogue comme chemin ;

la collaboration commune comme conduite ;

la connaissance réciproque comme méthode et critère. »

Réflexion de Thérèse de l’équipe pastorale : Cet appel à s’engager en actes dans notre vie de chrétiens est aussi un acte de foi. Prier supplier, prier rendre grâce, prier agir, s’engager, N’est-ce pas le chemin auquel l’avent nous invite ? 

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Petit résumé de l’encyclique par Monseigneur Delville, évêque de Liège, pour qui la fraternité universelle est au cœur du message chrétien. 

(…) Par ailleurs, la structure générale de Fratelli Tutti implique une invitation à la conversion. On y propose toute une démarche, un peu à la manière des Exercices spirituels de saint Ignace de Loyola. Il y a d’abord la reconnaissance des fragilités, des péchés et des manquements de notre existence, des lacunes de notre vie personnelle et communautaire, des problèmes de notre terre. C’est le thème du chapitre I. Le chapitre II introduit une contemplation de l’Evangile de Jésus à travers la parabole du Bon Samaritain. C’est typique des Exercices de saint Ignace : il s’agit d’opérer un déplacement en contemplant l’image du Christ dans une situation donnée.
Ensuite, le troisième chapitre propose un passage à la conversion et à l’action, à travers l’amitié sociale. Là, on est en plein dans une vie de conversion. Les chapitres suivants proposent des applications très concrètes de cette conversion. D’abord dans notre rapport avec l’immigré (chapitre IV), ensuite à travers le dialogue culturel (chapitre V). Puis on passe à la manière de faire de la politique (chapitre VI), pour parler ensuite de la paix et de la réconciliation (chapitre VII). Enfin, il y a dialogue entre les religions ; qui est aussi une implication de la conversion (chapitre VIII). »

Utopique ???

(…) « Non, je ne pense pas. Le texte implique, d’une certaine façon, une utopie, mais développe surtout une visée. La visée offre un horizon : la fraternité universelle, qu’on a tendance à oublier trop facilement. On est pris dans le quotidien, dans les problèmes immédiats à résoudre, et par rapport à cela le pape insiste sur l’importance d’avoir une visée pour l’humanité. C’est par rapport à cette visée que le pape nous donne véritablement aussi une mission. Il y a des signes qui sont envoyés à d’autres religions. Il y a un défi qui est lancé, celui de la conversion. Dans ce sens-là, ce n’est pas irréalisable. Il y a des pas à faire dans la direction qu’indique le pape. Il est sans doute difficile de concevoir comment on va parvenir à atteindre l’objectif, mais il y a des pas à faire dès maintenant. »

Extrait de l’entretien entre Monseigneur Delville et le journal Dimanche du 18-10-2020

Le mot de la fin au ministre wallon du budget, Jean-luc Crucke : « Si l’ouragan emporte ta maison et que tu la reconstruis à l’identique, c’est que tu n’as rien compris » (Journal L’Avenir, oct.2020).

Messe du dimanche 15 novembre – enregistrement vidéo

Pour la deuxième fois, la messe celébrée par l’abbé Amari ce dimanche à Weyler est disponible pour tous en vidéo.

Attention, l’enregistrement est divisé en deux fichiers à lire l’ un après l’autre : 1ère partie, 2ème partie

A bientôt pour de nouveaux enregistrements! Dimanche prochain, le 22 novembre, la messe sera enregistrée en l’église de Autelhaut.

Merci de diffuser auprès de tous les intéressés!

Messe du dimanche 8 novembre – enregistrement vidéo

En ces temps de pandémie où aucune célébration religieuse ne peut avoir lieu ; mais, où l’enregistrement d’une célébration est autorisée dans les lieux de culte sous certaines conditions (dont notamment 10 personnes au maximum), l’abbé Amari a célébré l’office en vue de sa diffusion sur le site « les Eaux vives du pays d’Arlon ».

Weyler 8 novembre 2020

Attention, l’enregistrement est divisé en deux fichiers à lire l’ un après l’autre : 1ère partie, 2ème partie

Nous espérons que de nouveaux enregistrements pourront suivre les dimanches à venir.

Merci de diffuser auprès de tous les intéressés!

Confinement: célébrations suspendues à nouveau, jusqu’au 13 décembre 2020

« Les églises et autres lieux de culte peuvent rester ouverts, mais l’exercice collectif du culte catholique y est interdit: aucune célébration ne peut donc y être organisée (sauf l’exception des funérailles, voir point 6). Il s’agit de toute célébration, dominicale ou quotidienne en semaine, eucharistie, liturgie de la parole, célébration de la liturgie des heures… »

Communiqué complet sur le site du Diocèse de Namur

Espérance

Partage du texte repris sur le site de notre Doyenné, texte de l’abbé Jean-Marie Piron, lequel se dévoue pour célébrer l’eucharistie avec les paroissiens de notre Unité pastorale.

Photo Sylvianne

Pierre Teilhard de Chardin a dit que le monde appartiendrait à celui qui lui apporterait la plus grande espérance. Nous avons à creuser cette pensée qui est toujours actuelle. En ce temps de la Toussaint et de la mémoire des défunts, écoutons notre message pour en vérifier la justesse. On y parle du ciel comme d’un « endroit » à rejoindre après la mort où nous espérons « retrouver » celles et ceux qui « sont partis » avant nous. Et puis c’est tout ! La foi chrétienne propose une étape en plus du projet de Dieu, un accomplissement final clairement dit dans la première et la deuxième alliance. Allons revoir le message biblique pour en goûter toute la profondeur et la beauté. Jésus n’est pas venu nous dire : je vais vous apprendre comment il faut vivre pour « aller au ciel » mais il nous a appris à prier ainsi : que « ton règne vienne sur la terre comme au ciel ». Le règne s’approche pour entrer dans le monde comme un levain qui va faire lever la pâte. C’est cela l’incarnation du Fils de Dieu, d’un Dieu avec nous pour demeurer et habiter sa création et la glorifier. Il faut renverser la perspective : non plus celle d’une « fuite » mais d’un Dieu « qui vient » pour faire entrer sa gloire dans ce monde qu’il crée. Je me rends compte qu’il faut développer cela car cela vaut la peine pour que notre espérance ne s’arrête pas à l’avant dernière étape de notre salut. En ce temps de la Toussaint souvenons- nous que tous, nous attendons la glorification : la gloire de Dieu et le salut du monde comme nous le disons lors de chaque rencontre eucharistique. Chaque doxologie nous parle aussi d’un Dieu qui est, qui était et qui vient.

Jean-Marie Piron

1er Novembre 2020 – TOUSSAINT

Photo Kizoa

Cette fête est-elle obsolète ? Comment la voyons-nous : principalement dédiée à nos défunts ?

La Toussaint est-elle une fête de personnes « âgées », tombées dans l’oubli, dont on connait à peine l’hagiographie ?

Eh bien, détrompons-nous : il y a de jeunes, même très jeunes personnes saintes et d’abord qu’est-ce que ‘’être saint ‘’ ?

Un jour, un journaliste a demandé au cardinal Suenens ce qu’était un saint. La réponse du prélat a été fulgurante : ‘‘un saint, c’est un chrétien normal !’’ Jésus le dit sur la montagne : « Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait » (Mt5,48). St Paul confirme : « Et voici quelle est la volonté de Dieu : c’est votre sanctification ».

Selon frère Dominique-Marie Dauzet, prémontré de l’abbaye de Mondaye et historien, « l’Église prend les saints qui viennent, ceux que Dieu lui donne : il y en a des très jeunes, des jeunes et des vieux, des riches et des pauvres, des Noirs et des Blancs. Un procès de béatification n’est pas une manœuvre d’évangélisation, c’est juste une vérification sérieuse de ce que tout le monde a déjà senti : on a affaire à un saint ! S’agissant des petits enfants, c’est pareil : si Dieu nous les donne à 8 ans, comme Anne-Gabrielle Caron ou même à 6 ans et demi, comme cette merveilleuse petite Nennolina Meo (1930-1937), il ne faut pas s’offusquer. Peut-être que ce sera un cadeau du Seigneur pour les enfants de leur âge, mais peut-être aussi pour des adultes, qui ont parfois besoin de se rafraîchir le cœur avec la lumineuse beauté de ces saints enfantins. Le tout de la sainteté, ce n’est pas l’âge, mais la grâce. » 
(Site la Croix.com 26 juin 2020)

En mettant la page en forme, j’ai pensé à cette tragédie où une fillette voyant sa petite sœur tomber à l’eau et se noyer, avait sauté dans la Meuse pour la secourir ; pourtant elle-même se noya…et plus tard encore un pompier qui recherchait les corps…

Cette petite fille, cet homme qui ont donné leur vie pour autrui, ne sont-ils pas saints ?

Tout récemment, au Pérou, Roberto, qui avec son père, gérait et protégeait une concession forestière de plus de 800 hectares et cela depuis plus de 30 ans, a été froidement abattu par les mafias qui profitent de l’inaction des autorités.

Hélas pour lui, leurs forêts étaient entourées de terres dévolues à l’exploitation minière, des terres minées par les déforestations illégales. Roberto est le quatrième homicide enregistré cette année contre les défenseurs de l’environnement ; pourtant ne peut-on pas dire qu’il a répondu au vœu du pape François de protéger la Création ? N’est-il pas saint ?

Il me fallait pourtant choisir parmi les multiples saints d’hier et aujourd’hui : aussi voici en bref la vie de Carlo Acutis, déclaré récemment bienheureux par le pape François. Une de ses phrases m’a marquée : « tous naissent comme des originaux mais beaucoup meurent comme des photocopies. »

Surnommé le « geek » de Dieu, Carlo Acutis, a été béatifié le 10 octobre dernier, à Assise, par le pape François.

Carlo Acutis (Photo /WIKIMEDIA/ Auteur FLORENTIN27)

Carlo Acutis, décédé à l’âge de 15 ans d’une leucémie foudroyante, était passionné de sport, d’informatique et du Christ. Il a vécu une existence profonde, marquée par une foi extraordinaire et en lien unique avec François d’Assise. C’était un enfant bien de son temps, passionné d’internet et doué pour l’informatique. Issu d’une très grande famille bourgeoise italienne, il naquit à Londres où son père travaillait comme homme d’affaires. Mais toute la famille revint bien vite à Milan où elle avait l’habitude, bien que non pratiquante, de recevoir des personnalités catholiques importantes.

(…) Il reçut la communion à 7 ans, et depuis, l’eucharistie occupa une grande place dans sa vie telle qu’il développa un site internet voué à ce sacrement. Carlo Acutis avait surnommé l’eucharistie ‘l’autoroute du ciel’ !

« La communion au Corps du Christ permettait, selon lui, d’éviter les écueils de la vie et les erreurs du comportement. Il passait de longues heures devant le Saint-Sacrement, aidé en cela par la récitation du chapelet. Il ne comprenait pas comment les jeunes de son âge pouvaient piétiner pendant des heures dans d’interminables files d’attente pour assister à un concert de rock… » Il gardait une troublante simplicité et écrivit ainsi « que la beauté physique se fane et que rien ne reste, mais que seule la beauté spirituelle ne flétrit pas, elle dure pour l’Eternité. »

Pour pouvoir atteindre ces belles réalités, il fallait, disait-il, se comporter comme une montgolfière !

Pour qu’il puisse s’élever, ce ballon doit se délester des sacs de sable qui l’alourdissent et le retiennent au sol. De même, nos fautes, petites ou grandes sont comme autant de poids qui entravent cet élan vers le ciel. (…)

Carlo était par ailleurs doué pour l’informatique. Il mit alors ses dons au service de l’adoration eucharistique. Après avoir créé un site sur sa paroisse, il n’hésita pas à monter une petite vidéo pour expliquer le mystère de la transsubstantiation ! A 11 ans, il avait décidé de monter une grande exposition sur les miracles eucharistiques. Il organisa donc un site internet sur lequel il exprima cette conviction personnelle : « Plus nous recevrons l’eucharistie, plus nous deviendrons comme Jésus et déjà sur cette terre nous jouirons du Paradis ».
(Extraits du journal Dimanche de mars 2020)

« En juillet 2018, une enquête canonique débute sur le cas d’une guérison inexplicable attribuée à l’intercession de Carlo Acutis. Il s’agit du cas d’un enfant brésilien, atteint d’une déformation grave du pancréas. En 2010, après que ses proches aient prié Carlo, le pancréas revint de lui-même à la normale, sans intervention chirurgicale, qui aurait pu coûter la vie du jeune garçon. Les expertises médicales ne concluant à aucune explication scientifique, le dossier est présenté au Saint-Siège. En février 2020, le pape François reconnaît authentique le miracle attribué à Carlo, et signe le décret de sa béatification. »
(Extrait de Wikipédia).

Si l’Eglise lui reconnait un deuxième miracle, Carlo Acutis pourrait devenir un saint. Le Vatican envisagerait alors de le nommer « saint patron des internautes ».

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