Espérance

Partage du texte repris sur le site de notre Doyenné, texte de l’abbé Jean-Marie Piron, lequel se dévoue pour célébrer l’eucharistie avec les paroissiens de notre Unité pastorale.

Photo Sylvianne

Pierre Teilhard de Chardin a dit que le monde appartiendrait à celui qui lui apporterait la plus grande espérance. Nous avons à creuser cette pensée qui est toujours actuelle. En ce temps de la Toussaint et de la mémoire des défunts, écoutons notre message pour en vérifier la justesse. On y parle du ciel comme d’un « endroit » à rejoindre après la mort où nous espérons « retrouver » celles et ceux qui « sont partis » avant nous. Et puis c’est tout ! La foi chrétienne propose une étape en plus du projet de Dieu, un accomplissement final clairement dit dans la première et la deuxième alliance. Allons revoir le message biblique pour en goûter toute la profondeur et la beauté. Jésus n’est pas venu nous dire : je vais vous apprendre comment il faut vivre pour « aller au ciel » mais il nous a appris à prier ainsi : que « ton règne vienne sur la terre comme au ciel ». Le règne s’approche pour entrer dans le monde comme un levain qui va faire lever la pâte. C’est cela l’incarnation du Fils de Dieu, d’un Dieu avec nous pour demeurer et habiter sa création et la glorifier. Il faut renverser la perspective : non plus celle d’une « fuite » mais d’un Dieu « qui vient » pour faire entrer sa gloire dans ce monde qu’il crée. Je me rends compte qu’il faut développer cela car cela vaut la peine pour que notre espérance ne s’arrête pas à l’avant dernière étape de notre salut. En ce temps de la Toussaint souvenons- nous que tous, nous attendons la glorification : la gloire de Dieu et le salut du monde comme nous le disons lors de chaque rencontre eucharistique. Chaque doxologie nous parle aussi d’un Dieu qui est, qui était et qui vient.

Jean-Marie Piron

1er Novembre 2020 – TOUSSAINT

Photo Kizoa

Cette fête est-elle obsolète ? Comment la voyons-nous : principalement dédiée à nos défunts ?

La Toussaint est-elle une fête de personnes « âgées », tombées dans l’oubli, dont on connait à peine l’hagiographie ?

Eh bien, détrompons-nous : il y a de jeunes, même très jeunes personnes saintes et d’abord qu’est-ce que ‘’être saint ‘’ ?

Un jour, un journaliste a demandé au cardinal Suenens ce qu’était un saint. La réponse du prélat a été fulgurante : ‘‘un saint, c’est un chrétien normal !’’ Jésus le dit sur la montagne : « Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait » (Mt5,48). St Paul confirme : « Et voici quelle est la volonté de Dieu : c’est votre sanctification ».

Selon frère Dominique-Marie Dauzet, prémontré de l’abbaye de Mondaye et historien, « l’Église prend les saints qui viennent, ceux que Dieu lui donne : il y en a des très jeunes, des jeunes et des vieux, des riches et des pauvres, des Noirs et des Blancs. Un procès de béatification n’est pas une manœuvre d’évangélisation, c’est juste une vérification sérieuse de ce que tout le monde a déjà senti : on a affaire à un saint ! S’agissant des petits enfants, c’est pareil : si Dieu nous les donne à 8 ans, comme Anne-Gabrielle Caron ou même à 6 ans et demi, comme cette merveilleuse petite Nennolina Meo (1930-1937), il ne faut pas s’offusquer. Peut-être que ce sera un cadeau du Seigneur pour les enfants de leur âge, mais peut-être aussi pour des adultes, qui ont parfois besoin de se rafraîchir le cœur avec la lumineuse beauté de ces saints enfantins. Le tout de la sainteté, ce n’est pas l’âge, mais la grâce. » 
(Site la Croix.com 26 juin 2020)

En mettant la page en forme, j’ai pensé à cette tragédie où une fillette voyant sa petite sœur tomber à l’eau et se noyer, avait sauté dans la Meuse pour la secourir ; pourtant elle-même se noya…et plus tard encore un pompier qui recherchait les corps…

Cette petite fille, cet homme qui ont donné leur vie pour autrui, ne sont-ils pas saints ?

Tout récemment, au Pérou, Roberto, qui avec son père, gérait et protégeait une concession forestière de plus de 800 hectares et cela depuis plus de 30 ans, a été froidement abattu par les mafias qui profitent de l’inaction des autorités.

Hélas pour lui, leurs forêts étaient entourées de terres dévolues à l’exploitation minière, des terres minées par les déforestations illégales. Roberto est le quatrième homicide enregistré cette année contre les défenseurs de l’environnement ; pourtant ne peut-on pas dire qu’il a répondu au vœu du pape François de protéger la Création ? N’est-il pas saint ?

Il me fallait pourtant choisir parmi les multiples saints d’hier et aujourd’hui : aussi voici en bref la vie de Carlo Acutis, déclaré récemment bienheureux par le pape François. Une de ses phrases m’a marquée : « tous naissent comme des originaux mais beaucoup meurent comme des photocopies. »

Surnommé le « geek » de Dieu, Carlo Acutis, a été béatifié le 10 octobre dernier, à Assise, par le pape François.

Carlo Acutis (Photo /WIKIMEDIA/ Auteur FLORENTIN27)

Carlo Acutis, décédé à l’âge de 15 ans d’une leucémie foudroyante, était passionné de sport, d’informatique et du Christ. Il a vécu une existence profonde, marquée par une foi extraordinaire et en lien unique avec François d’Assise. C’était un enfant bien de son temps, passionné d’internet et doué pour l’informatique. Issu d’une très grande famille bourgeoise italienne, il naquit à Londres où son père travaillait comme homme d’affaires. Mais toute la famille revint bien vite à Milan où elle avait l’habitude, bien que non pratiquante, de recevoir des personnalités catholiques importantes.

(…) Il reçut la communion à 7 ans, et depuis, l’eucharistie occupa une grande place dans sa vie telle qu’il développa un site internet voué à ce sacrement. Carlo Acutis avait surnommé l’eucharistie ‘l’autoroute du ciel’ !

« La communion au Corps du Christ permettait, selon lui, d’éviter les écueils de la vie et les erreurs du comportement. Il passait de longues heures devant le Saint-Sacrement, aidé en cela par la récitation du chapelet. Il ne comprenait pas comment les jeunes de son âge pouvaient piétiner pendant des heures dans d’interminables files d’attente pour assister à un concert de rock… » Il gardait une troublante simplicité et écrivit ainsi « que la beauté physique se fane et que rien ne reste, mais que seule la beauté spirituelle ne flétrit pas, elle dure pour l’Eternité. »

Pour pouvoir atteindre ces belles réalités, il fallait, disait-il, se comporter comme une montgolfière !

Pour qu’il puisse s’élever, ce ballon doit se délester des sacs de sable qui l’alourdissent et le retiennent au sol. De même, nos fautes, petites ou grandes sont comme autant de poids qui entravent cet élan vers le ciel. (…)

Carlo était par ailleurs doué pour l’informatique. Il mit alors ses dons au service de l’adoration eucharistique. Après avoir créé un site sur sa paroisse, il n’hésita pas à monter une petite vidéo pour expliquer le mystère de la transsubstantiation ! A 11 ans, il avait décidé de monter une grande exposition sur les miracles eucharistiques. Il organisa donc un site internet sur lequel il exprima cette conviction personnelle : « Plus nous recevrons l’eucharistie, plus nous deviendrons comme Jésus et déjà sur cette terre nous jouirons du Paradis ».
(Extraits du journal Dimanche de mars 2020)

« En juillet 2018, une enquête canonique débute sur le cas d’une guérison inexplicable attribuée à l’intercession de Carlo Acutis. Il s’agit du cas d’un enfant brésilien, atteint d’une déformation grave du pancréas. En 2010, après que ses proches aient prié Carlo, le pancréas revint de lui-même à la normale, sans intervention chirurgicale, qui aurait pu coûter la vie du jeune garçon. Les expertises médicales ne concluant à aucune explication scientifique, le dossier est présenté au Saint-Siège. En février 2020, le pape François reconnaît authentique le miracle attribué à Carlo, et signe le décret de sa béatification. »
(Extrait de Wikipédia).

Si l’Eglise lui reconnait un deuxième miracle, Carlo Acutis pourrait devenir un saint. Le Vatican envisagerait alors de le nommer « saint patron des internautes ».

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