21 mai 2020 – Ascension

Quelle signification donnons-nous à l’Ascension ?

« Avant notre départ, je reviens avec Pierre au pied de la paroi. Dans le vallon, les trois petits lacs scintillent. En cette fin de journée, une douce lumière pare les montagnes, les grands surplombs de la Cima Ovest de couleurs irréelles leur donnant pendant quelques instants une légère transparence. Sur le sentier, personne. Nous sommes seuls avec notre paroi. Une paix immense nous envahit. Alors nous comprenons, oui, nous comprenons pourquoi nous acceptons tous ces risques, ces jours d’efforts, cette fatigue extrême. Mais nous sommes seuls à comprendre.

Les jours passés dans cette paroi, les risques insensés, les efforts, toute l’énergie dépensée, les difficultés surmontées mètre après mètre, notre inquiétude, notre peur alors qu’accrochés sur les fragiles lames d’acier nous ne savions pas bien quelle serait l’issue de cette aventure, l’éclatement de notre joie en arrivant au sommet, ont créé l’instant que nous vivons, cet instant qui ne pourrait exister autrement.

Silencieux, nous nous laissons envahir par une grande émotion. Pendant quelques minutes nous éprouvons, dans la contemplation de cette paroi, un bonheur parfait. Nous sommes comblés, nous avons trouvé ce que nous étions venus, peut-être inconsciemment, chercher.

Depuis, j’ai connu des moments exaltants, j’ai connu de très grandes joies en montagne, mais jamais comme en cette fin de journée, où la montagne semblait être là, uniquement pour nous, comme si nous l’avions créée nous-mêmes. »

Extrait de « La montagne à mains nues » de René Desmaison

Ascension – texte proposé par Marie-Claire

Avenir verrouillé

L’un est parti en laissant derrière lui une réalité figée dont il a prévu le moindre détail. Il a tout programmé. Rien ne peut faire vaciller cette forteresse qu’il a refermée en partant. L’initiative y est bannie, la liberté laissée à la porte. Veut-il, un jour, tout retrouver tel qu’à son départ ? La crainte paralyse ceux qui sont restés.

Terre Brûlée

L’autre est parti par démission. Il abandonne. Il brise les liens, les espérances que scellait l’unité. C’est comme s’il avait tout brûlé, tout anéanti avant de laisser, seuls et désemparés, ceux qui comptaient sur lui et espéraient son aide.

Autonomie

Lui, il est parti, et la liberté qu’il voulait bâtir, s’est épanouie. Ceux qui l’aimaient vivent maintenant par lui. Ils prennent des risques, se rappellent ses paroles et vont de l’avant.

Et si parfois leur cœur se serre un peu, la confiance qu’il leur a donnée prend le dessus et l’avenir s’ouvre.

Extrait de Biblica, questions actuelles, éternelles paroles

« Et il advint, comme il les bénissait, qu’il se sépara d’eux et fut emporté au ciel.
Et eux, s’étant prosternés devant lui, retournèrent à Jérusalem en grande joie »

(Luc 24,51-52)

Ascension – texte de Thérèse inspiré par Feu nouveau

« Christ est passé de ce monde à son père » (Jean 13.1)

L’ascension n’est ni un abandon, ni une rupture ; elle ouvre une nouvelle période : celle de l’Esprit.

« Je ne vous laisserai pas seul, je vous enverrai l’Esprit ».

Le chrétien vit une sorte de double appartenance : en tant que citoyen de la terre où il est invité de par sa vie à témoigner, à être fermant, lumière du Christ dans le monde. Mais aussi comme citoyen du ciel en nous mettant à la disposition de l’Esprit pour que le règne de Dieu vienne… n’est-ce pas notre supplique dans le Notre Père : « Notre Père qui êtes aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur terre comme au ciel… »

Ascension – texte choisi par Sylvianne

Je suis avec vous tous les jours…

« Si le Christ était resté avec son corps parmi nous, nous aurions préféré les yeux de la chair aux yeux du cœur. Mais lui, sachant quels yeux sont les meilleurs, s’est soustrait à nos yeux de la chair. C’est plus, en effet, de croire dans le Christ que d’avoir toujours son corps devant soi…

Que personne ne s’attriste qu’il soit monté au ciel et qu’il nous ait comme abandonnés !

Il est avec nous si nous croyons ; son habitation à l’intérieur de toi est plus réelle que s’il était en dehors de toi, devant tes yeux ; si tu crois, il est en toi.

Si tu recevais le Christ dans ta chambre, il serait avec toi ; voici que tu le reçois dans ton cœur, et il ne serait pas avec toi ? »

Saint Augustin

Photos Kizoa

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